
TERRITOIRE. TRACE. MÉMOIRE.
La pratique artistique de Cristina Calaras s'articule autour du territoire comme espace expérimental, envisagé à la frontière entre réalité et imagination. Le territoire n'est jamais appréhendé comme un fait fixe ou purement géographique, mais comme un lieu de projection sensible, traversé par des mémoires collectives, des expériences vécues et des constructions poétiques.
À l'instar de ce qu'évoque Marcel Proust lorsqu'il écrit que « les lieux que nous avons connus n'appartiennent pas seulement au monde de l'espace », le territoire, dans son œuvre, devient un palimpseste émotionnel, façonné autant par les souvenirs que par les perceptions présentes. Les paysages qu'elle représente ne sont pas documentaires : ils sont reconstruits, déplacés et recomposés par la mémoire et l'imagination.
Elle s'intéresse particulièrement aux lieux du quotidien, souvent négligés ou rendus invisibles par l'habitude. En les isolant et en les transformant, elle les métamorphose en paysages mentaux, oscillant entre reconnaissance et abstraction. Sans chercher à figer une réalité objective, son travail vise à restituer l'atmosphère unique de chaque espace, permettant à l'image de dériver vers une vision plus libre, nourrie par l'idée d'un territoire multiple et mouvant.
Sa pratique repose sur l'utilisation de teintures naturelles telles que l'hibiscus, le café ou des extraits de plantes cueillies sur le territoire – romarin, laurier, sauge, garance sauvage – qui inscrivent physiquement le lieu dans l'œuvre. Ces matières organiques introduisent une dimension vivante et aléatoire, proche du vivant, en dialogue avec des structures plus rationnelles.
La ligne occupe une place centrale dans son travail. Elle reproduit les formes représentées, les fragmente ou les prolonge, et se métamorphose parfois en lignes cartographiques. Ces traces créent des paysages abstraits, au carrefour de la science (géographie, cartographie), de la biologie (taches, réactions naturelles des pigments) et du ressenti, par le biais du collage, de l'assemblage et du geste de l'artiste. La ligne devient alors un outil de circulation entre les strates du territoire : visible, mémorielle et imaginaire.
LE RAISIN
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LES POISSONS

LES ARBRES

AUTOUR DE LA MEMOIRE
Ma démarche de recherche picturale s’appuie sur l’observation attentive de l’architecture et des espaces urbains. À travers la peinture, j’explore la manière dont les formes construites traduisent le temps, la mémoire et l’expérience humaine.
Les séries réalisées à Toulouse et Strasbourg constituent des points centraux de cette recherche. Ces villes deviennent des terrains d’observation où l’architecture est perçue comme une matière vivante, sensible et en transformation.
Le protocole artistique :
Recherche dans les archives des photos de villes
Flaner et capturer des fragments de paysages urbains
Préparer la surface picturale avec des teintures naturelles
Découper, assembler, expérimenter, unifier 5. unifier la composition avec la ligne
Cette approche permet à chaque projet de rester ouvert, évolutif et en dialogue constant avec son contexte architectural et humain.


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